Lors de la 39ème réunion du Conseil des ministres, Alexis Gisaro, ministre des Infrastructures et travaux publics, a fait un point crucial sur l’état de la route nationale numéro 1 (RN1) reliant Kinshasa à Matadi et sur les graves inondations causées par le débordement de la rivière Ndjili.
D’après le compte-rendu du conseil des ministres, ces événements récents ont entraîné des perturbations majeures du trafic et des pertes considérables en vies humaines et en biens matériels, dans la capitale congolaise.
Concernant la RN1, le ministre des Infrastructures et travaux publics a indiqué que la circulation avait été fortement perturbée entre Kasangulu et le triangle Cité Verte à Kinshasa, en raison d’importantes érosions. Il a toutefois rassuré le conseil que des travaux d’urgence ont permis de rétablir le trafic pour les véhicules légers dans les 24 heures suivant les incidents, et que la circulation des poids lourds a également pu reprendre par la suite. La menace de rupture de la chaussée est désormais écartée, bien que des travaux d’amélioration se poursuivent.
Abordant la problématique des inondations liées au débordement de la rivière Ndjili, le ministre des Infrastructures a souligné que Kinshasa est particulièrement vulnérable en raison des eaux de ruissellement mal canalisées, conséquence d’un non-respect des normes d’urbanisme. Le réseau de drainage existant est devenu inefficace pour évacuer les eaux pluviales. De plus, les exutoires naturels, tels que les rivières et le fleuve Congo, sont saturés par des déchets sauvages qui réduisent leur lit et les polluent chimiquement et biologiquement, entraînant des refoulements d’eau en cas de fortes pluies et causant des inondations et des pertes.
Le ministre a également mis en lumière l’aggravation de la situation par l’occupation anarchique des zones non constructibles, notamment l’empiètement sur les berges des rivières Ndjili, Funa, Matete, Kalamu, Makelele et Gombe par diverses constructions. Il a attiré l’attention du Conseil sur le risque que la partie ouest de Kinshasa subisse des conséquences similaires en raison de l’occupation illégale de la baie de Ngaliema. Face à ces défis, le ministre a préconisé des solutions à la fois techniques, avec des travaux importants sur les rivières et le dragage du fleuve Congo, ainsi qu’une meilleure gestion des déchets, et citoyennes, appelant la population à un comportement responsable en évitant les constructions anarchiques, contre lesquelles des mesures strictes, bien qu’impopulaires, pourraient s’avérer nécessaires.
Pierre Kabakila