RDC : Greenpeace Afrique dénonce l’exploration de nouveaux blocs pétroliers dans la cuvette centrale

En République Démocratique du Congo, Greenpeace Afrique, une organisation environnementale, a alerté sur l’urgence de mettre fin aux opérations d’exploration de nouveaux blocs pétroliers dans le bassin de la cuvette centrale. Selon cette organisation, cette exploitation pétrolière pourrait « aggraver la crise climatique » en Afrique et dans le monde.

En début du mois de mai, le Gouvernement congolais a annoncé la mise sur le marché de 52 nouveaux blocs pétroliers dans le bassin de la cuvette centrale. Cette décision est dénoncée, ce vendredi 9 mai, par Greenpeace Afrique dans un communiqué, dont une copie a été consultée par Environnement.cd.

Dans ce document, l’organisation qualifie cette décision de « manœuvre stratégique inacceptable » et de « volte-face » qui contredit les engagements de la RDC en matière de lutte contre le changement climatique, alors qu’en 2024, pour les mêmes raisons, la RDC a suspendu les enchères sur 27 blocs pétroliers pour préserver l’environnement.

Une opacité autour du projet 

L’organisation déplore un manque flagrant de transparence autour de cette nouvelle ouverture, soulignant l’absence de cartographie officielle des zones concernées, de rapport sur la consultation du ministère de l’Environnement et d’informations sur les zones à préserver.

Selon Bonaventure Bondo, responsable de la campagne forêt pour le Bassin du Congo chez Greenpeace Afrique, cette nouvelle initiative est « dangereuse » pour l’environnement.

« L’exploration de ces blocs pétroliers au cœur d’un écosystème déjà fragilisé n’est pas seulement irresponsable, elle est dangereuse », a-t-il déclaré avant d’ajouter :« Elle [exploration, ndlr] illustre une volonté politique de faire marche arrière sur la transition énergétique au profit d’intérêts privés et au mépris des engagements climatiques internationaux ».

Pour Bonaventure, la République Démocratique du Congo doit « saisir et s’approprier les opportunités économiques offertes par les énergies renouvelables pour garantir l’efficacité énergétique ».

« Il faut éviter les conséquences environnementales »

Dans ce communiqué, Greenpeace Afrique a mis en garde contre les conséquences désastreuses de ce projet, notamment l’aggravation de la déforestation, la mise en péril des moyens de subsistance des communautés autochtones et l’accélération des crises climatiques.

Greenpeace Afrique exhorte la RDC, qui se présente comme un « pays-solution » à la crise climatique, à renoncer immédiatement à ces 52 blocs, à retirer les 3 déjà attribués à la société CoMiCo, et à s’engager vers une véritable transition énergétique basée sur des énergies propres, durables et équitables.

En outre, cette organisation a rappelé également le tollé général provoqué par des appels d’offres similaires en 2022 et dénonce la relance de ces projets fossiles comme une contradiction flagrante avec l’initiative du couloir vert Kivu-Kinshasa.

Pour Greenpeace Afrique, qui appelle le gouvernement de la RDC à respecter ses engagements en matière de transparence, de climat et droits de communautés, la RDC doit « abandonner ce projet aux conséquences néfastes sur l’environnement ».

Pierre Kabakila

Total
0
Shares
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts
Total
0
Share