Tenke Fungurume Mining, une entreprise minière exploitant le cuivre et le cobalt dans la province du Lualaba, en République Démocratique du Congo (RDC), est de nouveau accusée de pollution minière des principaux cours d’eau à Fungurume, une commune urbano-rurale. D’après deux organisations environnementales, l’usine 30k de TFM serait à l’origine des versements des substances toxiques dans les rivières Kelangile et Kintshitshi.
Dans un communiqué parvenu à Environnement.cd, l’initiative pour la protection des Droits de l’homme et de la réinsertion sociale (IPDHOR) et l’Action pour le Développement Intégral et Durable (ADID) ont alerté sur les rejets toxiques provenant de l’Usine 30k de Tenke Fungurume mining. Ces substances toxiques blanchâtres auraient contaminé les cours d’eau et seraient à l’origine de la dégradation des sols agricoles ayant entraîné la destruction de plus de 350 champs maraîchers.
Selon la même source, cette nouvelle pollution aurait commencé le 10 avril dernier lorsque les riverains ont commencé à constater des substances chimiques blanchâtres en provenance de cette usine de traitement des minerais de TFM. Cette usine a déjà fait objet de pollution de l’air dans le quartier Mano mapia, dont une partie est en cours de délocalisation.
À cet effet, ces deux organisations environnementales ont appelé les autorités à intervenir urgemment face à la crise environnementale, qui touche les communautés locales dans la commune de Fungurume. Elles demandent une mission d’inspection environnementale pour tirer au clair la situation.
Des recommandations nécessaires

IPDHOR et ADID ont formulé des recommandations supplémentaires aux autorités nationales et provinciales pour trouver des solutions durables face au problème récurrent de pollution dans la province. Ainsi, ces deux organisations espèrent que des études scientifiques seront diligentées pour établir les responsabilités.
Dans leur communiqué, elles ont appelé la gouverneur de la province du Lualaba à créer une commission spéciale d’audit environnemental incluant la société civile, ainsi qu’un appui aux victimes pour l’identification des dommages, leur réparation et indemnisation.
Elles appellent également la ministre de l’environnement, Ève Bazaiba, à envoyer une mission indépendante d’inspection pour déterminer les responsabilités ainsi que les mesures administratives et juridiques contre toute entreprise responsable de pollution dans la province.
En outre, ces deux organisations ont rappelé le droit à un environnement sain est garanti par la Constitution de la République Démocratique du Congo et par plusieurs instruments qu’elles continueront de suivre de près cette affaire et d’accompagner les communautés affectées dans leur quête de justice environnementale.
Pierre Kabakila