Lors du lancement des commémorations du centenaire du Parc national des Virunga, ce lundi 21 avril 2025 à Béni dans le Nord-Kivu, le directeur du parc, Emmanuel de Merode, a révélé que les groupes armés tirent profit du commerce illégal du bois dans ce joyaux écologique. Selon des rapports cités, ce commerce, qui menace la biodiversité dans la crise sécuritaire à l’Est, rapporterait environ 30 millions de dollars américains par an aux groupes armés.
L’abattage d’arbres pour le bois et le charbon, le braconnage de la faune sauvage et l’extraction illégale de minerais tels que l’or, le coltan et l’étain sont parmi les activités illégales qui mettent en péril la protection de cette aire protégée, d’après les responsables du Parc, qui ont indiqué que ces activités illicites financent les groupes armés, notamment les M23, soutenus par le Rwanda, selon les rapports de l’ONU.
« Il est essentiel de comprendre que la valeur du Virunga dépasse largement le simple inventaire de ses espèces animales. Ce parc est un élément vital de notre environnement, intégré au tissu social et contribuant à une économie durable. Ses écosystèmes sont fondamentaux pour le bien-être des communautés locales », a souligné Emmanuel de Merode, insistant sur l’importance de protéger cet héritage naturel.
« Un bilan mitigé en cent ans »
Le centenaire du parc est l’occasion d’un bilan préoccupant. Si, grâce aux efforts de conservation déployés au cours du dernier siècle, le Virunga abrite 706 espèces d’oiseaux, 250 espèces de mammifères et de reptiles, et une croissance notable des populations de gorilles de montagne, d’éléphants et d’hippopotames, d’après les responsables. Mais, cette richesse est aujourd’hui gravement menacée, indique la même source.
En outre, près de 50% de la superficie totale du parc national des Virunga sont illégalement occupés par des groupes armés comme le M23, les ADF, les Maï-Maï et les FDLR, qui sont directement impliqués dans l’exploitation illicite des ressources. Selon d’autres rapports, certains riverains pratiquent également le braconnage, la déforestation et la pêche illégale dans le lac Édouard, ce qui compromet les efforts de conservation et de la stabilité de la région.
Pierre Kabakila